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SCI transmission patrimoine : Les meilleurs stratégies de 2026

SCI transmission patrimoine : Les meilleurs stratégies de 2026

La SCI familiale est le véhicule de transmission patrimoniale immobilière le plus puissant accessible en France à condition de bien l'utiliser. Quatre leviers concrets en font un outil redoutable. Ce guide détaille chaque levier, présente un cas chiffré complet, traite la question du non-résident qui transmet à des héritiers français, et clarifie le rôle (limité) du pacte Dutreil pour les SCI patrimoniales.

SCI transmission patrimoine 2026 : 4 leviers concrets (donation parts, démembrement, décote, contrôle), cas chiffré et stratégie pour transmettre sans droits.

La SCI pour transmettre son patrimoine en bref

La SCI familiale est le véhicule de transmission patrimoniale immobilière le plus efficace accessible aux particuliers en France. Quatre leviers concrets, combinables, permettent à un couple de transmettre un patrimoine immobilier de plusieurs centaines de milliers d'euros à ses enfants avec un coût en droits de donation pratiquement nul :

1. Donner des parts plutôt que des biens → ouvre l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans.

2. Appliquer une décote sur la valeur des parts (10 à 20 %) par rapport à la quote-part d'immobilier sous-jacent.

3. Exploiter l'effet de levier de l'endettement : la valeur des parts = actif − passif, donc une SCI fortement endettée a une valeur nette faible.

4. Démembrer les parts : ne donner que la nue-propriété, conserver l'usufruit (loyers) et la gérance (contrôle).

Pour structurer cette stratégie à votre situation patrimoniale, l'accompagnement d'un expert-comptable spécialisé en SCI est vivement recommandé.

L'essentiel à retenir

• Donner des parts de SCI est fiscalement et juridiquement plus avantageux que donner directement le bien immobilier.

• L'abattement de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans, permet de transmettre des montants importants sans droits.

• La décote sur la valeur des parts (10-20 %) est admise par l'administration fiscale et la jurisprudence sous conditions.

• L'effet de levier de l'endettement est le levier le plus puissant et le plus sous-exploité : donner les parts juste après l'acquisition à crédit.

• Le démembrement de parts réduit l'assiette de donation selon le barème de l'article 669 CGI et permet aux parents de conserver les revenus locatifs.

• Les statuts permettent de désigner les parents gérants à vie, conservant ainsi le contrôle total de la SCI malgré la transmission de la nue-propriété.

Pourquoi la SCI est le véhicule de transmission le plus efficace

Comparée aux autres outils de transmission immobilière disponibles, la SCI cumule des atouts qu'aucune autre structure ne propose simultanément.

Une donation directe d'un bien immobilier est un acte simple, mais coûteux et rigide : la donation porte sur un actif indivisible, les droits de mutation sont calculés sur la valeur brute (sans décote possible), et le donateur perd immédiatement tout contrôle sur le bien.

Un démembrement directement sur le bien (donation de la nue-propriété d'un appartement, par exemple) reproduit certains effets de la SCI mais reste rigide : impossible de donner par tranches, impossible de conserver le contrôle des décisions de gestion (vente, travaux), impossible d'optimiser via l'endettement.

La SCI combine au contraire :

• une divisibilité parfaite (les parts se donnent par lot, par enfant, par tranche),

• une valorisation négociable (décote, endettement),

• un démembrement aisé sur des actifs liquides (les parts) plutôt que sur l'immobilier physique,

• une gouvernance verrouillable par les statuts (gérance, agrément),

• une fiscalité de sortie maîtrisable selon le régime choisi (IR ou IS).

Pour replacer ce sujet dans le cadre plus large des outils de transmission patrimoniale, voir notre dossier transmission de patrimoine immobilier de son vivant.

Levier 1 — Donner des parts plutôt que des biens

C'est le premier basculement à comprendre : la SCI transforme un bien immobilier indivisible en titres divisibles. Au lieu de donner un appartement (impossible à fractionner), on donne X parts sur Y, à chaque enfant, par tranches échelonnées dans le temps.

L'abattement de 100 000 € par parent et par enfant

L'article 779 du Code général des impôts prévoit un abattement de 100 000 € sur les donations en ligne directe (parents → enfants). Cet abattement est :

• applicable par parent et par enfant (un couple avec deux enfants peut donc donner 4 × 100 000 € = 400 000 € d'un coup, sans aucun droit),

renouvelable tous les 15 ans (donc reproductible à 55 ans, 70 ans, 85 ans pour des transmissions échelonnées).

Au-delà de l'abattement, les droits de donation suivent le barème en ligne directe (5 % à 45 %). L'objectif d'une stratégie SCI bien conduite consiste précisément à ne jamais sortir du périmètre de l'abattement par un calibrage fin des donations dans le temps.

Droits de mutation sur les parts de SCI

Les parts de SCI à prépondérance immobilière (SPI — plus de 50 % d'actif immobilier, ce qui est presque toujours le cas) sont assimilées à de l'immobilier au regard des droits d'enregistrement, mais avec un avantage marginal.

ÉlémentDonation directe d'immeubleDonation de parts de SCI
Abattement parent-enfant100 000 € × 15 ans100 000 € × 15 ans
Décote possible sur la valeur❌ Non✅ Oui (10-20 %)
Prise en compte du passif⚠️ Limitée✅ Intégrale (valeur nette)
Divisibilité de la donation❌ Non (bien indivisible)✅ Oui (par parts)
Contrôle conservé par le donateur❌ Non✅ Oui (gérance)
Démembrement aisé⚠️ Lourd notarialement✅ Simple (sur les parts)

L'avantage cumulé de la SCI dépasse largement la simple optimisation fiscale : c'est un outil de pilotage patrimonial complet.

Levier 2 — La décote sur la valeur des parts

C'est l'un des leviers les plus mal connus, alors qu'il est admis depuis longtemps par l'administration fiscale et confirmé par la jurisprudence.

Les parts de SCI ne valent pas la quote-part de la valeur de l'immobilier sous-jacent. Elles valent moins, pour plusieurs raisons cumulatives :

Illiquidité : une part de SCI familiale n'a pas de marché, pas d'acquéreur immédiat, pas de cotation. Vendre des parts à un tiers est techniquement possible mais souvent encadré par une clause d'agrément qui en limite drastiquement la liquidité.

Position minoritaire : un enfant qui détient 25 % des parts d'une SCI ne peut rien décider seul (pas de majorité), ce qui réduit la valeur économique de sa quote-part par rapport à la valeur d'un bien détenu en pleine propriété.

Contraintes statutaires : clauses d'agrément, droit de préemption des autres associés, gérance imposée, autant de restrictions qui affectent la valeur d'usage et de revente.

Quel niveau de décote retenir ?

La pratique admise par l'administration et la jurisprudence se situe dans une fourchette de 10 % à 20 % selon la situation :

10 % pour une SCI simple, sans clause restrictive particulière, associés majoritaires,

15 % pour une SCI avec clauses d'agrément standard, associés minoritaires,

20 % pour une SCI avec clauses statutaires fortement restrictives, position minoritaire prononcée, dette importante.

Au-delà de 20 %, la décote devient contestable et expose à un redressement. Pour la sécuriser, la décote doit être justifiée dans l'acte de donation par l'analyse concrète des éléments retenus (clauses statutaires, position de l'associé, éventuels précédents jurisprudentiels). Un avis de notaire ou d'expert-comptable spécialisé est fortement recommandé.

Levier 3 — L'effet de levier de l'endettement

C'est le levier le plus puissant, et paradoxalement le moins utilisé. Le principe : la valeur des parts d'une SCI est égale à la valeur nette comptable de la société, soit actif moins passif. Une SCI qui vient d'acheter un immeuble à crédit a donc une valeur nette extrêmement faible au moment du closing.

La mécanique

Une SCI achète un immeuble locatif 800 000 € avec 700 000 € d'emprunt et 100 000 € d'apport en compte courant des associés. Au lendemain de l'acquisition :

• Actif : immeuble 800 000 €

• Passif : emprunt bancaire 700 000 € ; compte courant d'associé 100 000 €

Valeur nette des parts : 0 €

Si les parents donnent 100 % des parts à leurs deux enfants à ce moment-là, l'assiette de donation totale est de 0 €. Coût en droits de donation : zéro.

Au fil des années, l'emprunt se rembourse grâce aux loyers (qui restent dans la SCI), la valeur nette des parts augmente mécaniquement, mais les enfants en sont déjà pleinement propriétaires sans rien avoir payé en droits. Le patrimoine se constitue à leur nom, sur l'effort fiscal de la dette.

Cas chiffré simplifié

AnnéeValeur immeubleCapital restant dûValeur nette des parts
Année 0 — acquisition + donation800 000 €700 000 €100 000 €
Année 10~ 950 000 €~ 480 000 €~ 470 000 €
Année 20 — emprunt remboursé~ 1 100 000 €0 €~ 1 100 000 €

\* Hypothèses : revalorisation immobilière 2 % par an, emprunt amortissable 20 ans.

⚠️ Cette stratégie suppose que la donation soit faite dans la foulée de l'acquisition. Une donation tardive, après remboursement partiel ou total de l'emprunt, perd l'essentiel de son intérêt fiscal.

Levier 4 — Le démembrement de parts (nue-propriété / usufruit)

Le démembrement de propriété permet de séparer la nue-propriété (le droit de disposer du bien) de l'usufruit (le droit d'en percevoir les revenus). Sur des parts de SCI, ce démembrement est techniquement très simple à mettre en place chez le notaire.

Le barème fiscal de l'article 669 CGI

L'administration fiscale applique un barème pour ventiler la valeur entre nue-propriété et usufruit selon l'âge de l'usufruitier au jour de la donation :

Âge de l'usufruitierValeur de l'usufruitValeur de la nue-propriété
Moins de 21 ans90 %10 %
De 51 à 60 ans50 %50 %
De 61 à 70 ans40 %60 %
De 71 à 80 ans30 %70 %
De 81 à 90 ans20 %80 %

L'intérêt majeur

À 55 ans, un parent qui donne la nue-propriété de ses parts à ses enfants ne donne fiscalement que 50 % de la valeur des parts. À 65 ans, il ne donne plus que 40 %. La donation est ainsi mécaniquement allégée, sans rien sacrifier sur le fond, les parents continuent de percevoir intégralement les loyers (usufruit) et de gérer la SCI (gérance).

À l'extinction de l'usufruit (au décès du dernier parent usufruitier, en règle générale), la nue-propriété se reconstitue automatiquement en pleine propriété au profit des enfants, sans aucun droit ni formalité. C'est l'effet le plus précieux du démembrement : la transmission finale est gratuite.

Le contrôle conservé : la gérance comme verrou

Beaucoup de parents hésitent à transmettre par crainte de "perdre la main" sur le patrimoine. La SCI résout ce dilemme grâce à la séparation entre la propriété (parts) et la gestion (gérance).

Concrètement, les statuts désignent les parents comme gérants statutaires à vie, avec des pouvoirs étendus : décisions de gestion courante (location, travaux), choix d'affectation du résultat, signature des baux, négociation des emprunts. Les enfants, devenus propriétaires de la nue-propriété (voire de la pleine propriété), n'ont aucun pouvoir de décision tant que les parents sont gérants.

L'article 1844 du Code civil prévoit par défaut que :

• l'usufruitier vote pour les décisions concernant l'affectation du résultat (distribution, mise en réserve),

• le nu-propriétaire vote pour toutes les autres décisions (modification des statuts, vente d'un bien, etc.).

Mais cette répartition est modifiable par les statuts, qui peuvent attribuer à l'usufruitier la quasi-totalité des droits de vote, ne laissant au nu-propriétaire que les droits inaliénables (modification des statuts à l'unanimité notamment).

Pour les parents qui veulent verrouiller le contrôle :

• Désignation comme gérants statutaires à vie (révocables uniquement à l'unanimité, ou pour faute grave par décision judiciaire),

Clause d'agrément pour toute cession de parts (empêche un enfant de vendre ses parts sans l'accord des autres associés),

Droit de préemption des autres associés en cas de cession,

Clause d'inaliénabilité temporaire des parts données (pendant 10 ou 15 ans, par exemple).

Donation simple ou donation-partage : laquelle choisir ?

C'est un arbitrage souvent négligé alors qu'il a des conséquences importantes au moment de la succession.

La donation simple est l'acte par défaut : un parent donne à un enfant. Elle est rapportable à la succession, ce qui signifie qu'au décès du donateur, la valeur des biens donnés est réévaluée au jour du décès pour calculer la part de chaque héritier dans la succession. Cela peut créer des inégalités si les biens donnés se sont valorisés différemment selon les enfants.

La donation-partage est un acte unique par lequel les parents répartissent simultanément des biens entre tous leurs enfants. Son avantage majeur : la valeur des biens donnés est figée au jour de la donation-partage, et n'est pas réévaluée au décès. Cela sécurise l'équité entre enfants même si les valorisations divergent par la suite.

Pour une SCI familiale, la donation-partage est presque toujours préférable dès qu'il y a plusieurs enfants. Le surcoût notarial (environ 1 à 2 % de la valeur transmise) est largement amorti par la sécurité juridique apportée — d'autant que les valorisations immobilières peuvent évoluer significativement sur 20-30 ans.

Cas pratique : transmission progressive d'une SCI à 600 000 €

Prenons un cas concret représentatif. Couple de 55 ans, deux enfants majeurs. Patrimoine immobilier locatif logé dans une SCI familiale valorisée à 600 000 € brut, avec un emprunt résiduel de 100 000 € (acquisition financée à crédit il y a quelques années). Valeur nette des parts : 500 000 €.

Stratégie en 3 étapes

Étape 1 — Donation à 55 ans (nue-propriété démembrée + décote 15 %)

• Valeur nette des parts : 500 000 €

• Décote 15 % sur les parts : – 75 000 €

• Valeur retenue après décote : 425 000 €

• Démembrement (parents 55 ans, NP = 50 %) : 212 500 € d'assiette de donation totale

• À répartir entre les deux enfants : 106 250 € par enfant

• Abattement disponible (couple, par enfant) : 200 000 €

Droits de donation : 0 € (intégralement absorbés par l'abattement)

Étape 2 — Donation à 70 ans (nue-propriété démembrée + décote 15 %)

15 ans plus tard, l'abattement est entièrement renouvelé. Hypothèse : la valeur nette des parts est passée à 700 000 € (revalorisation + remboursement de l'emprunt).

• Valeur nette des parts : 700 000 €

• Décote 15 % : – 105 000 €

• Valeur retenue : 595 000 €

• Mais cette fois, les parents ne donnent que la part de pleine propriété qu'ils détenaient encore (déjà donné en NP en étape 1), donc l'usufruit conservé jusque-là, qui à 70 ans représente 40 % de la valeur des parts initialement transmises en NP. Cette donation est plus complexe à structurer et nécessite l'intervention du notaire.

• En pratique, sur l'étape 2, on optimise la donation des parts résiduelles + usufruit éventuel pour rester sous les abattements renouvelés.

Droits de donation : généralement 0 € avec un calibrage adapté.

Étape 3 — Décès du dernier parent usufruitier

À l'extinction de l'usufruit, la nue-propriété déjà transmise aux enfants se reconstitue automatiquement en pleine propriété, sans droits ni formalité. Les enfants deviennent pleinement propriétaires des parts de la SCI, et donc indirectement de l'immobilier.

Bilan

Sur 30 ans, un patrimoine immobilier de 600 000 € (valorisé en hypothèse à environ 1 M€ au moment du décès) est intégralement transmis à deux enfants pour un coût en droits de donation et succession proche de zéro. Sans SCI, le même patrimoine transmis directement aurait généré plusieurs dizaines de milliers d'euros de droits.

La condition essentielle : anticiper tôt (idéalement dès 50-55 ans) et structurer dès le départ la SCI avec les bonnes clauses statutaires.

SCI à l'IR ou SCI à l'IS : impact sur la transmission

Le choix entre SCI à l'IR (régime des particuliers) et SCI à l'IS (régime des sociétés) a un impact secondaire mais réel sur la stratégie de transmission. Pour la transmission elle-même (donation des parts), les règles sont identiques : abattement 100 k€, démembrement, décote, démarches notariales. Mais la fiscalité de sortie (cession des parts par les enfants après transmission) diffère radicalement :

SCI à l'IR : cession des parts au régime des plus-values immobilières des particuliers (19 % + 17,2 % PS, abattement pour durée de détention, exonération à 22-30 ans).

SCI à l'IS : cession au régime des plus-values mobilières (PFU 31,4 % sans abattement de durée de détention dans le cas général). Sujet détaillé dans notre dossier fiscalité de la cession de parts de SCI à l'IS.

Pour une stratégie de transmission patrimoniale familiale en location nue, la SCI à l'IR reste largement préférable : transparente fiscalement, plus simple à gérer pour des héritiers, fiscalité de sortie plus favorable à long terme. La SCI à l'IS prend du sens pour des stratégies de capitalisation avec amortissement, mais expose les héritiers à une fiscalité de sortie plus lourde, à ne choisir qu'en pleine connaissance de cause. Pour comprendre la mécanique des distributions en SCI à l'IS, voir aussi notre guide sur la fiscalité des dividendes de SCI à l'IS.

Le cas du non-résident qui transmet à des héritiers français

C'est un sujet majeur pour les expatriés qui ont conservé un patrimoine immobilier en France via une SCI familiale, et qui veulent le transmettre à leurs enfants résidents français ou eux-mêmes expatriés.

Le principe : les biens situés en France restent imposables en France

L'article 750 ter du CGI prévoit que les biens situés en France sont imposables aux droits de mutation à titre gratuit (donation et succession) en France, quel que soit le pays de résidence du donateur ou du donataire. Les parts d'une SCI française à prépondérance immobilière sont, à ce titre, considérées comme des biens situés en France.

Les conventions fiscales bilatérales signées par la France en matière de droits de succession sont rares (une dizaine seulement, contre près de 130 conventions en matière d'IR). En l'absence de convention spécifique, le risque de double imposition au titre des droits de succession est réel, notamment lorsque le pays de résidence du donateur ou des héritiers applique également des droits sur les biens étrangers.

Le piège du domicile fiscal des héritiers

Une règle souvent ignorée : si le donataire (l'héritier) est résident fiscal français au jour de la donation et l'a été pendant au moins 6 des 10 dernières années, les biens donnés, même situés à l'étranger ou détenus par un non-résident, sont imposables en France. Cela peut avoir un impact lourd lorsque les enfants vivent en France et que les parents non-résidents transmettent un patrimoine plus large que la seule SCI française.

Impact sur l'IFI

Pour le donateur non-résident, la donation de la nue-propriété de ses parts de SCI réduit mécaniquement son IFI non-résident (puisque seul l'usufruit reste dans son patrimoine, et l'usufruitier est seul redevable de l'IFI sur la valeur en pleine propriété, sauf cas de démembrement issu d'une succession). Les règles précises sont détaillées dans notre guide IFI non-résident.

Pour la stratégie globale d'un expatrié transmettant un patrimoine immobilier français via une SCI, voir aussi notre dossier SCI non-résident

Pacte Dutreil et SCI : la confusion fréquente à dissiper

Un mythe persistant veut qu'on puisse appliquer le pacte Dutreil (exonération de 75 % sur les transmissions d'entreprise) à une SCI familiale. C'est faux dans 99 % des cas.

Le pacte Dutreil (articles 787 B et 787 C du CGI) est réservé aux titres de sociétés exerçant une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale. Or une SCI patrimoniale qui détient des biens immobiliers et perçoit des loyers de location nue exerce une activité civile, donc non éligible au pacte Dutreil.

Une SCI peut théoriquement devenir éligible si elle exerce une activité commerciale par accessoire prépondérante (par exemple location meublée para-hôtelière). Mais cette configuration sort largement du cadre patrimonial classique et reste très rare.

À retenir : pour transmettre un patrimoine immobilier locatif via une SCI familiale, n'attendez pas l'avantage Dutreil. Les vrais leviers d'optimisation sont ceux exposés dans cet article (donation, démembrement, décote, endettement), qui ne nécessitent ni engagement de conservation collectif, ni durée de détention contraignante.

Erreurs à éviter

Attendre trop tard pour transmettre : à 75-80 ans, la décote du démembrement est moins favorable et le risque de décès en cours de stratégie augmente.

Donner sans démembrer : passer à côté du levier le plus puissant (50 % de réduction d'assiette à 55 ans, 60 % à 65 ans).

Sous-estimer la décote : se priver de 15 % d'optimisation par méconnaissance des règles admises par l'administration.

Donner après remboursement de l'emprunt : perdre l'effet de levier de l'endettement, qui ne fonctionne qu'en début de vie de la SCI.

Choisir la donation simple au lieu de la donation-partage quand il y a plusieurs enfants : risque d'inégalité au moment de la succession en cas de divergence des valorisations.

Confondre SCI patrimoniale et pacte Dutreil : croire à une exonération qui n'existe pas pour les activités civiles.

Négliger les statuts : statuts standards qui ne verrouillent pas la gérance, pas de clause d'agrément, pas de répartition spécifique des droits de vote en démembrement → perte de contrôle effective au profit des enfants.

Transmettre depuis l'étranger sans audit international : risque de double imposition non anticipé, oubli de la règle des 6 ans pour le domicile des héritiers.

Conclusion

La SCI familiale est, en 2026, l'outil de transmission patrimoniale immobilière le plus puissant accessible aux particuliers en France. Aucun autre véhicule ne combine la divisibilité des parts, la décote sur la valeur, l'effet de levier de l'endettement, le démembrement aisé, le contrôle conservé et le renouvellement de l'abattement tous les 15 ans.

Bien utilisée, elle permet à un couple de transmettre la quasi-totalité d'un patrimoine immobilier de 500 000 à 1 000 000 € à ses enfants sur 25-30 ans avec un coût en droits proche de zéro. Mal utilisée, elle ne génère qu'un surcoût administratif sans avantage patrimonial réel.

Le facteur clé est l'anticipation : structurer la SCI dès la constitution (statuts, clauses, choix IR / IS) en tenant compte de la stratégie de transmission, et engager les premières donations idéalement à 50-55 ans. Plus la stratégie est lancée tôt, plus elle est puissante.

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FAQ — SCI transmission patrimoine

Pourquoi est-il plus avantageux de donner des parts de SCI plutôt que le bien immobilier directement ? +
Trois raisons principales : (1) les parts sont divisibles, on peut donner par tranches échelonnées dans le temps pour profiter du renouvellement de l'abattement de 100 000 € tous les 15 ans, alors qu'un bien est indivisible ; (2) une décote de 10 à 20 % peut être admise sur la valeur des parts (illiquidité, minorité, contraintes statutaires), réduisant l'assiette de donation ; (3) le démembrement de parts est techniquement plus simple et plus souple que le démembrement direct d'un bien immobilier.

S'ajoute la possibilité de conserver le contrôle via la gérance, ainsi que l'optimisation liée à l'endettement de la SCI.
Combien peut-on donner sans payer de droits via une SCI ? +
L'abattement sur les donations en ligne directe est de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans. Pour un couple avec deux enfants, cela représente 400 000 € de transmission sans droits tous les 15 ans.

Avec une SCI structurée avec décote et démembrement, il est possible de transmettre une valeur patrimoniale nettement supérieure sans déclencher immédiatement de droits de donation, selon l'âge des donateurs, la composition familiale et la valorisation retenue.
Qu'est-ce que la décote sur les parts de SCI et comment la justifier ? +
La décote reflète le fait que les parts d'une SCI familiale valent souvent moins que la quote-part de la valeur de l'immobilier sous-jacent.

Trois justifications principales : illiquidité (absence de marché), position minoritaire (impossibilité de décider seul), et contraintes statutaires (agrément, préemption, restrictions de cession).

Le niveau admis se situe généralement entre 10 % et 20 % selon la situation. La décote doit être justifiée concrètement dans l'acte de donation.
Comment fonctionne le démembrement de parts de SCI ? +
Le démembrement sépare la nue-propriété (droit de disposer) de l'usufruit (droit de percevoir les revenus).

Les parents donnent la nue-propriété à leurs enfants tout en conservant l'usufruit, donc les loyers et généralement le contrôle de la gestion.

L'assiette fiscale est calculée selon le barème de l'article 669 du CGI : entre 51 et 60 ans, la nue-propriété représente 50 % de la valeur ; entre 61 et 70 ans, 60 % ; entre 71 et 80 ans, 70 %.

Au décès du dernier usufruitier, la pleine propriété se reconstitue automatiquement chez les nus-propriétaires, sans droits supplémentaires de donation ou de succession.
Comment garder le contrôle de la SCI après avoir donné les parts ? +
La SCI permet de séparer la propriété des parts de la gestion.

Les parents peuvent être désignés gérants statutaires avec des pouvoirs étendus : signature des baux, réalisation des travaux, négociation des emprunts, gestion locative, etc., même après avoir transmis une grande partie des parts.

Les statuts peuvent aussi prévoir des clauses d'agrément, de préemption et une répartition spécifique des droits de vote en cas de démembrement.