SELARL : La synthèse de ses avantages fiscaux en 2026
Vous exercez en BNC et vous voyez chaque année une part importante de vos revenus partir en impôts et cotisations sociales ? Vous n'êtes pas seul. De nombreux professionnels libéraux découvrent trop tard qu'un changement de structure juridique aurait pu leur faire économiser des dizaines de milliers d'euros. Grâce à une approche fiscale et sociale complètement différente du BNC, la SEL représente aujourd'hui l'une des solutions les plus efficaces pour optimiser la fiscalité des professions libérales. Que vous soyez médecins, avocats, dentistes ou infirmiers, cette solution doit être étudiée. Dans cet article, nous analysons en détail les leviers d'optimisation offerts par la création d'une SELARL, avec des chiffres concrets et les dernières évolutions réglementaires 2025.

Avantage fiscal de la SELARL : pourquoi le régime BNC vous pénalise
En nom propre sous le régime BNC, la totalité de votre bénéfice est soumise à l'impôt sur le revenu et aux cotisations sociales. Peu importe que vous ayez réellement utilisé cet argent ou non : l'administration fiscale considère l'ensemble comme un revenu imposable.
Le mécanisme qui vous coûte cher en BNC
Prenons un exemple concret : vous générez 150 000 € de bénéfice annuel. Vos besoins personnels s'élèvent à 6 000 € par mois, soit 72 000 € par an. En BNC, vous serez imposé sur 150 000 €, pas sur 72 000 €. Les 78 000 € restants, que vous n'avez même pas utilisés, sont taxés exactement comme si vous les aviez dépensés.
Cette situation vous pénalise avec des cotisations sociales élevées (parfois improductives) et une tranche marginale d’impôt qui pénalise l’ensemble des autres revenus de votre foyer fiscal.
Comment la SELARL optimise votre fiscalité
La SELARL permet de séparer clairement les bénéfices de l'entreprise et votre rémunération de praticien. Seule la rémunération effectivement versée sur votre compte bancaire personnel est soumise à l'impôt sur le revenu et aux cotisations sociales. L’excédent reste dans la société et n'est taxé qu'à l'impôt sur les sociétés, avec des taux beaucoup plus faibles.
Le taux de l'IS s'élève à 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice, puis 25 % au-delà. Comparé aux tranches supérieures de l'IR pouvant rapidement atteindre 41% à 45%, l'économie devient substantielle.
Création d’une SELARL et avantages fiscaux : les 5 leviers d'optimisation
La déductibilité de la rémunération et des cotisations sociales du gérant
La rémunération que vous vous versez en tant que gérant constitue une charge déductible du résultat imposable. Contrairement au BNC où tout est considéré comme revenu personnel, la structure sociétaire permet de réduire mécaniquement la base taxable à l'IS.
Les cotisations sociales peuvent également être prises en charges et déduites du résultat de la SELARL. En SELARL les cotisations sociales du gérant représentent environ 40% des revenus nets. Ce taux peut également être plus faible si vous êtes conventionné secteur 1. Nous vous conseillons d’utiliser ce simulateur de l’URSSAF pour vous aider.
L'arbitrage rémunération / dividendes
La SELARL offre la possibilité de mixer rémunération et dividendes selon votre situation personnelle. Selon votre situation, il est possible que le versement de dividendes vous soit plus favorable qu’une rémunération.
En effet, les dividendes sont soumis aux prélèvements forfaitaires unique de 12,8% alors que votre rémunération est soumise à votre tranche marginale d’imposition (pouvant atteindre 41% voire 45%). Précisons néanmoins qu’avant d’être versé, les dividendes subissent l’impôt sur les sociétés. Un calcul précis doit être réalisé par votre expert-comptable.
⚠️ Rappel de l’expert : pour le gérant majoritaire de SELARL, les dividendes excédant 10% du capital social sont soumis aux cotisations sociales. Cette spécificité doit être intégrée dans votre stratégie d'optimisation.
La capitalisation des bénéfices
La trésorerie non distribuée reste dans la société et peut être réinvestie pour la faire travailler. Cette capitalisation permet de préparer la retraite, de financer des investissements ou simplement de lisser la fiscalité sur plusieurs années.
Le principal inconvénient d’investir directement ces excédents avec une SELARL est que la loi encadre les actifs éligibles. Par exemple, vous ne pouvez pas acquérir un bien immobilier destiné à du locatif non professionnel. Des solutions existent pour vous permettre de réinvestir librement cette trésorerie, comme la création d’une SMHF.
L'amortissement du fonds libéral
Les fonds libéraux acquis entre 2022 et 2025 peuvent être amortis sur 10 ans. Pour un cabinet valorisé à 400 000€, cette mesure peut générer jusqu'à 100 000€ d'impôt sur les sociétés sur la période d'amortissement, en réduisant chaque année le résultat imposable de la SELARL.
La cession du fonds libérales à votre SELARL
Si vous exercez actuellement en nom propre, il est possible de céder ou apporter votre fonds libéral à votre SELARL.
Si vous exercez votre activité depuis plus de 2 ans, l’imposition sur votre fonds ne sera que de 30%. Il est courant que la SELARL souscrive à un emprunt (total ou partiel) pour vous rembourser une partie de votre compte courant.
Si vous ne souhaitez pas céder votre fonds et payer de l’impôt sur la plus-value, il est possible de réaliser un apport. Dans le cadre de cet apport, le code général des impôts vous permet d’obtenir un report d’imposition. Aucun impôt ne vous sera demandé au moment de cette opération.
Le choix entre cession ou apport demande une étude chiffrée qui doit être confiée de préférence à un expert-comptable spécialisé dans les professionnels libéraux.
Simulation : BNC vs SELARL pour un revenu de 200 000€
Prenons le cas d'un professionnel libéral, marié avec deux enfants, générant un résultat de 200 000€ avant rémunération et charges sociales. Son partenaire a des revenus de 50 000€ net par an.
En BNC : après cotisations sociales et impôt sur le revenu, le praticien dispose d'environ 108 000 € nets annuels. La totalité du bénéfice est taxée, qu'il soit utilisé ou non.
En SELARL : si une rémunération de 60 000€ net par an est versée par la SELARL, une économie de cotisation sociale et d’impôt sur le revenus sera réalisée. Compte tenu du coût de l’IS un gain de trésorerie de 30 000€ à 40 000€ par an sur la SELARL sera réalisé chaque année.
Ce qui change en 2025 pour les associés de SELARL
La fiscalité des SELARL a connu des évolutions importantes qu'il convient d'intégrer dans une restructuration.
L'imposition des rémunérations en BNC
Depuis le 1er janvier 2025, les rémunérations des associés de SELARL pour leur activité libérale sont imposées dans la catégorie des BNC et non plus des traitements et salaires. Cette modification implique l'obligation de souscrire une déclaration 2035 ou de relever du régime micro-BNC selon le niveau de recettes.
La suppression de l'abattement de 10 %
L'abattement forfaitaire de 10 % pour frais professionnels, dont bénéficiaient les rémunérations des associés de SELARL, est supprimé depuis le 1er janvier 2025. En contrepartie, les charges professionnelles réelles sont désormais déductibles, ce qui peut s'avérer plus avantageux pour les professionnels supportant des frais significatifs.
Ces évolutions rendent l'accompagnement par un expert-comptable spécialisé d'autant plus précieux pour optimiser votre situation.
Faut-il passer en SELARL ? Les critères de décision
La création d'une SELARL pour bénéficier des avantages fiscaux n'est pas une décision à prendre à la légère. Elle s'avère particulièrement pertinente lorsque vos revenus dépassent significativement vos besoins personnels et que vous souhaitez capitaliser pour l'avenir.
Voici quelques indicateurs favorables au passage en SELARL :
- Résultat BNC supérieur à 80 000€ par an
- Capacité d'épargne importante
- Objectifs d’une préparation à la retraite (anticipé ou non)
Néanmoins, il faut tenir compte de quelques points de vigilance :
- Les coûts de gestion augmentent, comme la comptabilité, les formalités juridiques. Comptez un surcoût de 2000€ à 3000€ par an
- La complexité de la SELARL nécessite un accompagnement d’un professionnel spécialisé, pour éviter les erreurs ou absence d’optimisation


