Installation Dentiste 2026 : Nouvelles Règles, Zones & Aides
De nombreux changements sont intervenus pour l'installation des chirurgiens-dentistes. Depuis le 1er janvier 2025, la convention dentaire impose de nouvelles règles d'installation visant à corriger les inégalités territoriales d'accès aux soins bucco-dentaires. Finie la liberté d'installation totale : les dentistes doivent désormais consulter le zonage établi par les Agences Régionales de Santé (ARS) avant de choisir leur lieu d'exercice. Notre guide complet vous détaille tout ce qu'il faut savoir pour réussir votre installation en 2026 : nouveau zonage, démarches de conventionnement, aides financières et budget prévisionnel.

L’essentiel à retenir :
👉Régulation stricte du "1 pour 1" : En zone non prioritaire, vous ne pouvez plus créer de cabinet conventionné librement. Le conventionnement est désormais conditionné au remplacement d'un confrère qui cesse son activité.
👉Prime de 50 000 € : Pour encourager l'exercice là où les besoins sont les plus forts, une aide forfaitaire de 50 000 € est versée pour toute installation en zone très sous-dotée, en échange d'un engagement de 5 ans.
👉Zonage ARS obligatoire : Avant tout projet, la consultation de CartoSanté est indispensable. Le territoire est découpé en 5 zones dont le statut est réévalué tous les 2 ans par les Agences Régionales de Santé.
Nouveau Zonage Dentiste 2026 : Comprendre l'impact de la nouvelle loi sur votre installation
L'un des changements majeurs de la convention dentaire 2023-2028 réside dans la mise en place d'une cartographie précise du territoire français. Pour réussir votre installation en 2026, il est impératif de comprendre que la France est désormais découpée en zones géographiques où les règles diffèrent selon les besoins en soins de la population locale.
Les 5 zones du nouveau zonage ARS
Les Agences Régionales de Santé classent les communes et quartiers selon cinq catégories de dotation, basées sur l'accessibilité potentielle localisée. Ce score prend en compte la densité de praticiens pour 100 000 habitants, mais aussi l'âge des dentistes en place et les besoins de santé spécifiques de la démographie locale.
- Zone 1 - Très sous-dotées : Territoires en forte désertification médicale. La demande de soins y est critique et non satisfaite. C'est ici que vous pouvez bénéficier des aides maximales de 50 000 €.
- Zone 2 - Sous-dotées : L'offre de soins est insuffisante par rapport à la population. Ces zones nécessitent une attention particulière et offrent de belles opportunités de développement de patientèle.
- Zone 3 - Intermédiaires : L'offre de soins est considérée comme équilibrée. La situation y est stable et l'installation reste totalement libre.
- Zone 4 - Très dotées : Ces secteurs présentent une forte densité de praticiens. L'offre commence à être excédentaire, mais l'installation reste ouverte sans restriction conventionnelle.
- Zone 5 - Non prioritaires : Ce sont les zones où la concentration de dentistes est jugée excessive. Depuis janvier 2025, l'installation y est strictement régulée.
Il est important de noter que ce zonage n'est pas figé : les ARS procèdent à une révision bisannuelle de cette cartographie pour s'adapter au plus près des réalités du terrain.
Zone non prioritaire dentiste : Le principe du "1 pour 1"
Si votre projet d'installation se situe en zone non prioritaire, vous faites face à la contrainte du "tant pour tant" ou "1 pour 1". Concrètement, la CPAM n'accorde un nouveau conventionnement que si un chirurgien-dentiste libéral cesse son activité dans la même zone.
Le mécanisme est précis : le praticien sortant dispose d'un délai d'un an pour désigner un successeur. Si aucun successeur n'est présenté dans ce délai, la place (le conventionnement) sera attribuée par commission paritaire départementale selon une liste d'attente.
L’une des solutions pour vous installer en zone non prioritaire est d’accepter d’exercer hors convention (secteur non conventionné), ce qui pénalise fortement le remboursement des patients.
Comment consulter le zonage de votre zone d'installation ?
Avant de signer un bail ou un compromis de vente, votre premier réflexe doit être de consulter le site officiel CartoSanté.
- Sélectionnez la profession "Chirurgien-dentiste".
- Choisissez votre territoire (commune, département ou région).
- Interprétez la carte : les zones rouges et orange signalent généralement les zones sous-dotées (éligibles aux aides), tandis que les zones bleues ou violettes indiquent souvent les zones très dotées ou non prioritaires.
Convention dentaire 2026 : Ce qui change pour votre installation
L'exercice libéral en 2026 est régi par la convention nationale des chirurgiens-dentistes. Ce texte redéfinit les conditions d'accès au système de soins remboursés. Désormais, le conventionnement n'est plus un droit automatique, mais une démarche administrative conditionnée par le lieu d'exercice.
Les nouvelles étapes pour obtenir votre conventionnement
Le conventionnement auprès de l'Assurance Maladie permet à vos patients de bénéficier du tiers payant et de tarifs de remboursement standards. Vous serez conventionné en zones non prioritaires uniquement dans le cadre d'un remplacement "1 pour 1".
Une fois votre inscription à l'Ordre validée, vous disposez de 3 mois pour déposer votre demande de conventionnement auprès de la CPAM de votre lieu d'exercice. Le délai de traitement est généralement de 2 à 3 mois.
Voici ce que votre dossier doit comprendre pour exercer :
- Votre attestation d'inscription à l'Ordre
- Votre RCP (Responsabilité Civile Professionnelle)
- Votre bail professionnel
- Le cas échéant, l'acte de cession ou le document de désignation de successeur signé par votre confrère sortant.
Les nouvelles contraintes pour les centres de santé dentaires
Les centres de santé ne sont pas épargnés par cette réglementation. L'objectif est de freiner la multiplication des structures dans les zones déjà sur-dotées.
Depuis le 31 décembre 2024, plus aucun nouveau centre dentaire (ou antenne dentaire d'un centre polyvalent) ne peut être conventionné en zone non prioritaire. Pour les centres déjà implantés, il est désormais interdit d'augmenter le nombre d'Équivalents Temps Plein (ETP). Un recrutement n'est possible qu'en cas de départ d'un praticien salarié déjà présent au 31 décembre 2024.
Tous les centres ont eu l'obligation de déclarer leurs effectifs exacts sur la plateforme e-CDS. Tout dépassement constaté lors d'un contrôle peut entraîner un déconventionnement immédiat de la structure.
Si vous êtes jeunes diplômés attirés par le salariat, vérifiez bien que le centre qui vous recrute dispose d'un poste "vacant" autorisé par la CPAM, sous peine de voir vos actes non remboursés.
Aide installation dentiste : la liste complète
L'année 2026 est favorable aux praticiens acceptant de s'éloigner des métropoles saturées. Pour compenser les contraintes imposées dans les zones très dotées, l'Assurance Maladie et les collectivités locales proposent des aides intéressantes.
Prime d'installation de 50 000€ en zone très sous-dotée
Cette subvention forfaitaire est une aide directe à l’investissement qui ne nécessite pas de justificatifs de dépenses précis, vous laissant une totale liberté d'usage. Voici ce qu’il faut savoir sur cette aide destinée aux chirurgiens dentistes :
- Le montant : minimum 50 000 €, versé par l'Assurance Maladie. Dans certaines régions, confrontées à de forts déserts médicaux, elles peuvent atteindre 60 000 € ou 70 000 €.
- Les conditions : vous devez vous installer en zone "Très Sous-Dotée" et vous engager à y exercer pendant une durée minimale de 5 ans. Le contrat impose généralement un volume d'activité minimal de 200 jours par an.
- Les modalités de versement : l'aide est versée en deux fois : 25 000 € la première année lors de l'installation et 25 000 € la troisième année.
- Le cas du remboursement anticipé : En cas d’arrêt de l’activité libérale avant la fin des 5 ans, la CPAM exigera le remboursement de la prime au prorata de la durée non effectuée.
Le CAMCD : 4 000€/an pour le maintien d'activité
Le Contrat d'Aide au Maintien d'activité des Chirurgiens-Dentistes (CAMCD) s'adresse aux praticiens déjà installés ou souhaitant reprendre un cabinet en zone très sous-dotée. Contrairement à la prime d'installation, le CAMCD est une aide pérenne.
Il s’agit d’une participation forfaitaire de 4 000 € par an.
Le contrat dure 3 ans et est renouvelable tant que la zone reste classée comme prioritaire par l'ARS.
Les aides non conventionnelles destinées à l'installation des dentistes
Au-delà des aides conventionnelles, vous pouvez bénéficier d'autres avantages financiers et fiscaux liés à votre localisation géographique et votre statut.
Nous en comptons 3 principales :
- L’exonérations fiscales en ZRR (Zone de Revitalisation Rurale) : c'est un avantage fiscal extrêmement intéressant. Si votre cabinet est situé en ZRR, vous pouvez bénéficier d'une exonération d'impôt sur les bénéfices totale pendant 5 ans, puis dégressive les 3 années suivantes. Vous trouverez la liste des communes concernées en cliquant ici.
- Aides des collectivités locales : Certains départements ou régions proposent des bourses d'études en échange d'une installation future d’étudiant, des aides au logement ou même la prise en charge des frais de déménagement.
- Dispositifs de France Travail (ACRE) : Comme tout créateur d'entreprise, vous pouvez prétendre à une réduction des cotisations sociales lors de votre première année d'activité.
Pour vous simplifier la compréhension de ces dispositifs d’aides, voici un tableau comparatif selon votre zone d’installation :
Ouverture cabinet dentaire en 2026 : budget et démarches complètes
Plusieurs aspects doivent être anticipés pour réussir l’ouverture de votre cabinet dentaire. Entre investissements conséquents et exigences réglementaires toujours plus lourdes, le ticket d'entrée pour un cabinet dentaire moderne a évolué.
Le coût moyen d'installation d'un cabinet dentaire
Le budget global d'un projet varie entre 150 000 € et 400 000 €. Cet écart s'explique par la nature du projet et le niveau de technologie choisi. Voici un tableau synthétique des dépenses à prévoir :
Reprise ou création d’un cabinet dentaire : les avantages et inconvénients
Depuis la mise en place des zonages ARS il convient de se questionner davantage sur la reprise plutôt que la création.
La reprise de cabinet :
- Avantages : Vous récupérez une patientèle fidèle et d'un chiffre d'affaires immédiat. Les banques sont généralement plus enclines à prêter pour une reprise car l'historique financier est connu.
- Inconvénients : Le coût d'acquisition d’une patientèle dentaire peut atteindre 70 % à 100 % du chiffre d'affaires annuel moyen. L'équipement peut également être vieillissant et nécessiter un renouvellement rapide.
La création de cabinet :
- Avantages : Vous concevez un outil de travail à votre image, avec du matériel neuf sous garantie. Vous évitez le coût d'achat de la patientèle.
- Inconvénients : La montée en charge est progressive (souvent 12 à 24 mois pour atteindre le plein régime). Cette option est interdite en zone non prioritaire si vous souhaitez être conventionné.
Les étapes clés de votre installation en chirurgie dentaire
Pour une installation sereine en 2026, comptez environ 6 à 9 mois de préparation.

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Anticiper l'Évolution du Zonage
Le zonage n'est pas figé : les ARS le révisent tous les deux ans pour se rapprocher de la réalité démographique et aux départs à la retraite. Cette mise à jour peut transformer une zone sous-dotée en zone non prioritaire, impactant directement les aides et la valeur de revente de votre cabinet.
Pour les jeunes praticiens, s'installer aujourd'hui en zone très sous-dotée est un calcul stratégique. En effet, outre les aides immédiates, vous constituez un patrimoine professionnel dans un secteur dont la rareté pourrait s'accroître, augmentant ainsi la valeur de votre patientèle à terme.
FAQ - Installation dentiste



